Le mot information et ses dérivées sont beaucoup employés : je n'ai pas été informé de cette réunionles information télévisées. À force d'employer abusivement certains termes, on finit par ne plus savoir ce qu'ils veulent dire véritablement. Le verbe informer est de la même famille que le mot forme. Il signifie à l'origine donner une forme à un substrat ou à une matière qui au départ en était dépourvu. Ce verbe vient du latin informare donner forme. Ainsi, on peut dire qu'un sculpteur informe un bloc de pierre pour en faire une statue. Un auteur donne une forme à un texte en fonction des idées qu'il veut faire passer (le fond).

Dans sa philosophie de la nature, Aristote donne de l'importance à l'information. Il appelle sa philosophie hylémorphisme, du grec hyle (matière) et morphè (forme) où chaque objet ou être possède à la fois une forme et est composé de matière. Les grecs donnent un aspect plus idéaliste encore à la forme qui est pour eux plus une idée, l'essence, les universaux. La forme se rapproche de que nous appelons le fond d'un texte.

L'acquisition de la connaissance peut se voir comme cette dernière informant le sujet qui apprend. Les données sensibles, qui viennent de l’extérieur, viennent informer l'intellect et restructurent ses connaissances.

Aujourd'hui, on accorde de plus en plus de suspicion à ce que disent les journalistes. On ne croit plus à leurs informations. On finit alors par ne plus croire en rien.  Or, il y a de plus en plus de moyens de connaître l'actualité, avec internet surtout. Ce qui doit s'accompagner d'un tri des données permettant de faire la part des choses pour distinguer le vrai du faux. Deux attitudes extrêmes sont alors possibles : soit le scepticisme, qui pense qu'il est impossible d'atteindre la vérité, soit le relativisme (que d'ailleurs Karl Popper considérait, dans La société ouverte et ses ennemies (1945), comme la principale maladie philosophique de notre temps ), qui au contraire accorde une légitimité à toutes théories qui ne deviennent plus qu'un point de vue comme un autre. Dans les deux cas, on renonce à la notion de vérité. On risque alors d'être déformé ...