Un des premiers à étudier la notion d'équilibre est Jean-Baptiste Say qui le définit en 1803 lorsque l'offre est égale à la demande. Il affirme que l'offre crée sa propre demande et que par conséquent il ne peut y avoir de déséquilibre durable entre l'offre et la demande. Pour lui, l'économie de marché est capable de s'auto-réguler spontanément.

Thomas Malthus est le premier à contredire Say. Il pense que les capitalistes limitent leur consommation pour épargner, avec pour but plus tard d'investir. Comme les travailleurs ne perçoivent qu'une partie de ce qu'ils produisent ils limitent la demande et n'absorbe alors pas complètement l'offre. Il insiste ainsi sur le rôle de la demande en économie

Pour Léon Walras, dans Élément d'économie pure (1874), un équilibre est une situation telle que ni les consommateurs ni les producteurs n'ont intérêt à à modifier les quantités de biens et de service productifs demandés et offerts sur le marché. Selon lui, la libre concurrence permet d'obtenir la meilleure situation sociale : si chaque individu est dans la meilleure situation possible, il en sera de même pour la société. Pareto ne l'affirme pas. Étant donné qu'il n'existe aucun moyen de mesurer les gains des uns et les pertes des autres, il est impossible, selon Pareto, d'affirmer que la situation réalisée par la libre concurrence donne à l'ensemble des individus une quantité globale de satisfactions supérieures à celle qui résulterait de l'intervention de l'État.

Les gouvernements se demandent régulièrement comment prendre et justifier une décision qui soit conforme à un principe de justice sociale. Ce qui est considéré comme le mieux pour la majorité n'est pas forcément le meilleur pour tous. De plus, l'égalité sociale accorde une grande importance aux droits individuels. Le libéralisme classique, développé au cours du siècle des Lumières, plaide en faveur de certaines libertés individuelles face à une autorité gouvernementale.

À partir Adam Smith, les notions de bien-être et d'intérêt général deviennent importantes en économie. Il explique avec la notion de main invisible que chaque individu en recherchant son propre intérêt oeuvre pour l'intérêt général qui est la somme des intérêts particuliers.

Vilfredo Pareto succède à Léon Walras à la chaire d'économie politique de l'Université de Lausanne. Il reprend les théories de ce dernier et celles de Francis Edgeworth. Tjalling Koopmans sera un des premiers à employer la notion d'équilibre de Pareto en 1951.

Pareto est le premier à définir précisément la notion d'équilibre. Dans son Manuel d'économie politique (1909), il considère qu'il y a une amélioration sociale chaque fois que le bien-être de certains s'accroît et que celui de personne ne décroît. Aucun ne concède alors à une détérioration de sa situation. Certains appellent ce genre de modification une amélioration parétienne. Chaque individu ne cherche alors pas simplement à améliorer sa propre situation, mais il doit aussi savoir ce que provoque en contrepartie cette amélioration pour les autres individus.

Une situation est considérée comme un équilibre de Pareto s'il n'est plus possible d'augmenter la satisfaction d'un individu sans diminuer celle d'un autre.  Selon Pareto, l’optimum est le plus grand bien-être possible pour les individus de la collectivité. D'après Gerard Debreu (1966), un optimum est un état réalisable auquel n'est préféré aucun état réalisable.

John Rawls reprend d'une certaine manière ces idées pour sa conception de la justice. Pour lui, on peut accepter des inégalités, ou des actions collectives qui en produisent, si en contrepartie elles améliorent le sort de tous. Dans Une théorie de la justice en 1971, il explique que :

Les inégalités économiques et sociales, par exemple les inégalités de fortune et de pouvoir, ne sont justes que si elles se traduisent par des gains compensatoires pour tous, en particulier pour les membres les moins favorisés de la société. Un tel principe exclut de pouvoir justifier des institutions en se fondant sur le fait que les torts causés à certains sont compensés par un bienfait plus important en tout.

ou encore :

Toutes les valeurs de la société -la liberté et les opportunités, le revenu et la richesse, et les fondements de l'amour-propre - doivent être réparties de manière égale, à moins qu'une répartition inégale de l'une de ces valeurs ou de toutes soit à l'avantage de tous. L'injustice n'est dons pas autre chose que les inégalités qui ne profitent pas à tous.