Calcul infinitésimal
Par Jerome le mercredi 27 juillet 2011, 20:15 - Mathématiques - Lien permanent
Le calcul infinitésimal a pour origine des notions, comme les fonctions continues ou les limites, qui étaient intuitives depuis les grecs et qui seront définies plus tard au XIX ème siècle.
La vitesse moyenne d'un mobile sur un intervalle de temps se calcule par :
Pour définir la vitesse en un instant t précis, la vitesse instantanée, on devra calculer le rapport :
quand
Les études sur ces problèmes infinitésimaux se sont surtout développées au XVII ème siècle pour résoudre des problèmes liés à la mécanique.
Newton donne différentes explications du calcul infinitésimal. Dans Philosophia naturalis principia mathematica, publié en 1687, il utilise des quantités infiniment petites, qu'il appelle moments. Trouvant ces quantités insufisament rigoureuses, il cherche à mieux les définir dans Méthodes des fluxions et des suites infinies, terminé en 1671, publié à titre posthume en 1736. Il appelle fluxions les vitesses des quantités dépendant du temps et fluentes les quantités qui évoluent en fonction du temps :
Il énonce ensuite les problèmes du calcul infinitésimal :J'appellerai quantités fluentes, ou simplement fluentes, ces quantités que je considère comme augmentées graduellement, et indéfiniment, je les représenterai par le dernières lettres de l'alphabet : v, x, y et z et je représenterai par les mêmes lettres surmontées d'un point
,
,
,
les vitesses dont les fluentes sont augmentées par le mouvement qui les produit et que par conséquent on peut appeler fluxions.
Pour trouver les fluentes, il note oÉtant donné les relations entre des quantités fluentes, trouver la relation de leurs fluxions. Et inversement.
un intervalle de temps infiniment petit,
En utilisant le formule du binôme de Newton, on obtient :
.
Pour qu'il ne reste plus que
Enfin, il néglige les termes contenant o, c'est-à-dire les termes, comme
On a alors la propriété suivante : si o est indéfiniment petit, n o est lui aussi indéfiniment petit pour tout entier n. Or, dans
Dans Tractatus de quadratura curvarum écrit en 1674 et publié en 1704, Newton préfère écrire les rapports de la variation de x à celle de y. Avec le raisonnement similaire au précédent, il trouve :
qui est le rapport entre deux fluxions, qu'il appelle
la dernière raison des variations évanouissanteset qui correspond à une limite.
Pour étudier le calcul infinitésimal, Leibniz étudie dans sa thèse en 1666 De arte combinatoria la suite des carrés et ses différences :
Il remarque que la somme des premières différences est égale au dernier terme de la suite au carré : ainsi,0, 1, 4, 9, 16, 25, 36
1, 3, 5, 7, 9, 11
2, 2, 2, 2, 2
Deux écoles vont se suivre : l'école anglaise et l'école continentale. La première avec Berkeley, Maclaurin, Taylor cherchent à clarifier les éléments infinitésimaux. La deuxième, dont Euler fait partie, cherche à lier le calcul différentiel à l'idée de fonction, car Leibniz rattache les bases du calcul différentiel à la géométrie des courbes et il parla pour la première fois de fonction en 1673 dans la Méthode inverse des tangentes ou à propos des fonctions. Pour Jacques Hadamard :
Après une correspondance entre Leibniz et Jean Bernoulli, celui-ce donne en 1718 la définition précise de fonction :L'être mathématique, en un mot, ne fut plus le nombre : ce fut la loi de la variation, la fonction. La mathématique n'était pas seulement enrichie de nouvelles méthodes, elle était transformée dans son objet.
Euler considère le calcul infinitésimal comme une extension de l'algèbre : aux opérations connues, deux nouvelles opérations sont ajoutées : la différentiation et l'intégration. Il cherche à affranchir le calcul infinitésimal de la géométrie.On appelle fonction d'une grandeur variable une quantité composée, de quelque manière que ce soit, de cette grandeur variable et de constantes.
Jean Le Rond d'Alembert comprend qu'il faut donner fonder le calcul différentiel sur la notion de limite. En tant que rédacteur scientifique de l'Encyclopédie dans l'article limite que
la notion de limite est la vraie métaphysique du calcul différentiel. Il s'efforce alors de donner une idée rigoureuse de la notion de limite, mais il ne réussit pas à le faire de façon cohérente.
Il faudra attendre le XIX ème siècle pour élucider le concept de limite qui sera défini par Augustin Louis Cauchy dans son cours d'analyse à l'école polytechnique en 1821 :
Il peut ensuite définir rigoureusement la notion d'infiniment petit :Lorsque les valeurs successivement attribuées à une même variable s'approche indéfiniment d'une valeur fixe, de manière à finir par en différer aussi peu que l'on voudra, cette dernière est appelée la limite de toutes les autres.
L'histoire du calcul différentiel montre toute la difficulté de définir précisément des notions mathématiques ; ce qui peut prendre énormément de temps. Les limites seront définies plus d'un siècle après Newton, qui ne pouvait donner toutes les définitions à cause de barrières épistémologiques.On dit qu'une quantité variable devient infiniment petite lorsque sa valeur numérique décroît indéfiniment de manière à converger vers la limite zéro.