Nombres réels
Par Jerome le jeudi 9 avril 2009, 14:37 - Mathématiques - Lien permanent
L'ensemble des nombres réels forme une droite. La propriété importante de
cet ensemble est d'être continu.
Au 15 ème siècle, Nicolas de Cues énonce le
principe de continuité dans De mathematica perfectione : une grandeur
continue qui évolue entre une grandeur A et une grandeur B prend au moins une
fois toute valeur intermédiaire. Dans les Nouveaux essais de l'entendement
humain publié en 1764, Leibniz
reproche à Euclide de ne donner qu'une image
sensible de la droite au lieu d'une définition. Pour le philosophe et
mathématicien allemand, rien ne se fait dans la nature tout d'un coup, et
c'est une de mes grandes maximes et des plus vérifiées, que la nature ne fait
jamais de sauts. J'appelle cela la loi de la continuité.
La continuité sera d'abord définie pour les fonctions par Cauchy dans son
cours d'analyse de 1821. Il démonte le
théorème des valeurs intermédiaires, sans encore se rendre compte que c'est
d'abord une propriété des nombres réels avant d'être une propriété des
fonctions.
Une construction rigoureuse de est due à Dedekind en 1872 dans
Stetigkeit und irrationale Zahlen (Continuité et nombres
irrationnels). Il définit les nombres réels grâce aux coupures :
Si l'on répartie tous les points de la droite en deux classes telles que chaque point de la première soit situé à gauche de chaque point de la deuxième classe, alors il existe un point et un seul qui engendre cette partition de tous les points de la droite, cette découpe de la droite en deux parties.
Une coupure dans le corps des nombres rationnels
est définie par deux sous-ensembles non vides
et
tels que :
Un exemple de coupure
est définie par l'ensemble Il existe des coupures n'ayant pas cette propriété. Ainsi, on peut considérer,
Pour Dedekind,
Une autre construction des nombres réels est due à Cantor et Méray. Dans cette construction, tout nombre réel est la limite d'une suite de Cauchy de nombres rationnels.Chaque fois que nous sommes en présence d'une coupure
non produite par un nombre rationnel, nous créons un nombre nouveau, irrationnel x, que nous considérons comme parfaitement déterminé par cette coupure ou qu'il engendre cette coupure.