Même si le mot procrastination existe en français depuis le 16 ème siècle, il reste aujourd'hui d'emploi peu fréquent. La procrastination désigne la tendance à repousser une décision ou un action à plus tard. Il est la plupart du temps réservé au langage spécialisé ou soutenu. Pourtant en anglais, ce mot compliqué est bien plus courant, et le verbe procrastinate est aussi employé, tandis que le verbe "procrastiner" n'est dans aucun dictionnaire français. Une meilleure explication de le procrastination est donnée ici.

Procrastination vient du verbe latin procrastinare qui signifie renvoyer au lendemain. Ce verbe est formé à partir de l'adverbe pro qui désigne un mouvement en avant et de cras qui veut dire demain. Le mot cras se retrouve dans crastinus pour désigner ce qui concerne le lendemain et dans procrastinatio signifiant ajournement, délai. Le sens du mot procrastination est ainsi principalement contenu dans la deuxième partie et le préfixe pro vient en amplifier le sens. Les anglais utilisent d'ailleurs aussi le mot crastination comme synonyme de procrastination. Les italiens utilisent le verbe procrastinare identique au latin. Le mot français serait donc soit un des nombreux emprunts du français à l’italien du 16 ème (dus notamment à l'influence de Catherine de Médicis), soit un emprunt direct au latin. Les anglais commencent d'utiliser le terme un peu plus tard que les français.

Classiquement, la procratination n'était pas connotée négativement comme aujourd'hui. Elle était alors un signe de sagesse et de tempérance. Il peut en effet être important de se donner du temps pour la réflexion avant d'agir trop précipitamment. La procrastination, vue comme une attente, n'était pas à l'origine considérée comme de l'inaction. Elle désigne bien plus une stratégie, l'attente du moment propice. L'inaction  physique n'est pas l'inaction intellectuelle.

Le 19 ème siècle emploie souvent le mot de manière ironique ; comme par exemple, Marcel Proust dans le cinquième tome d'À la recherche du temps perdu, La prisonnière : Cette habitude, vieille de tant d'années, de l'ajournement perpétuel, de ce que M. de Charlus flétrissait sous le nom de procrastination.

L'absence d'occupation évolue ainsi de plus en plus vers un signe de paresse. Dans La lenteur, Milan Kundera regrette cette évolution de l'inaction :

Pourquoi le plaisir de la lenteur a-t-il disparu ? Ah, où sont-ils, les flâneurs d'antan ? Où sont-ils ces héros fainéants des chansons populaires, ces vagabonds qui traînent d'un moulin à vent à l'autre et dorment à la belle étoile ? Ont-ils disparu avec les chemins champêtres, avec les prairies et les clairières, avec la nature ? Un proverbe tchèque définit leur douce oisiveté par une métaphore : ils contemplent les fenêtres du bon Dieu. Celui qui contemple les fenêtres du bon Dieu ne s'ennuie pas, il est heureux. Dans notre monde, l'oisiveté s'est transformée en désœuvrement, ce qui est tout autre chose : le désœuvré est frustré, s'ennuie, est à la recherche constante du mouvement qui lui manque.

Les universités anglo-saxonnes tiennent beaucoup plus compte que chez nous du problème de la procrastination chez leurs étudiants. On trouve très souvent des pages internet d'universités sur ce sujet, par exemple l'université de Cambridge, d'Albany ou du Queensland

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