Ajouté à un nom masculin, le suffixe -ande ou -ende s'oppose à -eur ou -ateur. Ainsi dans une division, le dividende s'oppose au diviseur ; mot qui désigne aussi - peu glorieusement ces temps-ci - les bénéfices versés aux actionnaires.

Moins employé, le multiplicande est le nombre qui est multiplié par un autre. Il s'oppose au multiplicateur qui sert à effectuer la multiplication. Ainsi, lorsqu'on effectue le produit a.b, on multiplie a par b : a est le multiplicande, puisqu'il va être multiplié, et b est le multiplicateur, car il apparaît après le symbole de multiplication. Le vocabulaire n'est dans ce cas pas commutatif. Pour que a devienne multiplicateur, il faudra effectuer le produit b.a. Dire que la multiplication est commutative revient à regarder le résultat de l'opération qui ne dépend pas de l'ordre des facteurs a et b, ainsi a.b = b.a.

L'expression mathématique a.b peut donc prêter à confusion. Elle aura un sens différent selon le contexte sans que rien ne soit indiqué dans l'expression. Elle peut vouloir dire soit d'effectuer l'opération de multiplication entre a et b dans l'ordre indiqué par l'expression, soit de regarder le résultat de l'opération (comme dans l'égalité). Le mot produit désigne le résultat de l'opération. Cependant, on utilise parfois par abus de langage l'expression "effectuer le produit" pour effectuer la multiplication.

Les termes en -ende/-ande et en -eur/-ateur qui sont ainsi vus par opposition, peuvent aussi se définir comme étant dérivés d'un verbe. Si la commande est ce qui est commandé, le multiplicande est le nombre qui est multiplié et le dividende, celui qui est divisé. Pour une intégrale, l'intégrande est la fonction qui est intégrée.

Multiplicande et dividende subissent donc l'opération. Pourtant, dans certains discours politiques, les travailleurs subissent le travail alors que de manière objective ils y sont simplement associés. Suggéreraient-ils alors le terme travaillande ?  qui serait sûrement ressenti à juste titre comme extrêmement méprisant.