En lisant Le mythe de Sisyphe de Camus, on découvre le désir de vivre de ce jeune homme de 29 ans, qui dans son enfance a eu la tuberculose. Le livre s'ouvre sur la phrase de Pindare : N'aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible.


Cette phrase n'est pas à comprendre selon le sens romantique. Les côtés positifs de la vie ne sont pas les seuls à considérer. Tous les aspects sont à prendre, même les plus difficiles, comme la souffrance. Puisque dès le départ, l'auteur connaît ces difficultés, il ne finira pas désespéré comme peut l'être le romantique, qui se retrouve finalement comme surpris par le trop-plein de sentiments, pouvant le mener au désespoir. Camus reste sans espoir, sans pour autant être désespéré.

Pour Camus, l'absurde n'est pas une conséquence d'un raisonnement sur la réalité, il en est au contraire le point de départ, le postulat. En réalité, le monde n'est pas absurde en lui-même ; c'est le regard raisonné que nous portons sur lui qui le rend absurde : L'absurde naît de la confrontation de l'appel humain avec le silence déraisonnable du monde. Cette coupure se retrouve dans le personnage de Meursault dans l'Étranger.

Camus n'aboutit pas à la même conclusion que les nihilistes, pour lesquels plus rien n'a de sens. Pour lui, le nihilisme serait une indifférence à la vie, pouvant aller jusqu'à justifier l'inacceptable, puisque rien n'aurait plus de valeur. Il donne une attitude à adopter face à l'absurde, faite de lucidité : "Je tire de l'absurde trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté et ma passion."

Même si les conclusions seront à l'opposé, les réflexions que posent Camus sont assez proches de celles de Pascal, qui se sent perpétuellement à côté d'un gouffre.