Discours de Le Clézio pour la réception du prix Nobel
Par Jerome le vendredi 12 décembre 2008, 16:19 - Littérature - Lien permanent
L'Académie suédoise a décerné le prix Nobel de littérature à Jean-Marie Gustave
Le Clézio qui est, pour elle, un écrivain de la rupture, de l’aventure
poétique et de l’extase sensuelle, l’explorateur d’une humanité au-delà et
en-dessous de la civilisation régnante
.
J.-M. G. Le Clézio est un écrivain continuellement en voyage, en exil. Né à
Nice, il passe une partie de son enfance au Nigeria pour retrouver son père, un
médecin anglais ; retrouvailles racontées dans L'africain. En
Angleterre, il écrit le Procès-verbal. Il passe son service
militaire en Thaïlande, le finit au Mexique. Puis, il vit avec les indiens au
début des années 70 au Panama. Il parcourt régulièrement l'île Maurice.
Le Clézio cherche d'abord à et comprendre et à vivre dans une autre culture que
la sienne. Il ne se définit pas comme un écrivain voyageur :
Dans son discours de réception du prix Nobel, il se demande pourquoi l'auteur écrit. L'écrivain vit une série de contradictions, qui l'entraînent, selon les mots de Stig Dagerman,Écrire, c’est sortir de soi, c’est devenir quelqu’un d’autre, c’est un peu comme rêver, donc voyager. Mais pas voyager pour écrire, je ne suis pas un écrivain voyageur… Je vais à un endroit pour ne plus être moi-même, pour me sentir libéré des rumeurs que je connais trop, des obligations qui pourraient me déranger, me sentant libre comme un oiseau… Écrire comme on volerait.
dans la forêt des paradoxes, dont le plus grand est d'écrire pour les plus pauvres, mais de n'être lu finalement que par ceux qui en ont les moyens. Cette idée reste assez proche de celle exprimée dans le discours de Camus pour qui l'auteur écrit pour ceux qui subissent l'histoire. De plus, l'auteur est témoin, si ce n'est même voyeur, lorsqu'il voudrait agir. Il vit dans la solitude quand qu'il voudrait parler pour tous
Malgré toute son étrangeté et son ambiguïté, la littérature est nécessaire pour la défense à la fois du langage, de l'identité et de la culture de chacun. Tout comme Goethe, Le Clézio défend une littérature universelle.